Le paysage politique sénégalais assiste à une recomposition dictée par le pragmatisme et les ambitions personnelles, au détriment des promesses de rupture originelles.
La démission retentissante du parti Pastef de Khouraichi Thiam, directeur général du Fonds d’Appui à l’Investissement des Sénégalais de l’Extérieur (Faise) illustre jusqu'à la caricature ce phénomène de sédition interne.
Après des semaines d'ostracisation et de vives tensions au sein du Mouvement national des cadres patriotes (Moncap) — marquées notamment par son exclusion arbitraire des cercles de communication numérique —, l’intéressé a officialisé son départ. Il justifie son ralliement au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, par la volonté de participer à l’édification d’un « Sénégal de progrès ».
Ce divorce consommé s’inscrit dans le sillage de l’éviction de Fatou Kiné Diakhaté et allonge la liste des cadres qui désertent le navire originel pour se fondre dans la mouvance présidentielle, sur fond de rivalité feutrée mais implacable entre le chef de l'État et la direction historique du parti.
Pourtant, ce spectacle de chaises musicales laisse un goût d'inachevé et d'amertume au sein de la population.
Portée au pouvoir par un élan populaire massif, la coalition « Diomaye Président » incarnait l’espoir d’un bouleversement systémique.
Deux ans plus tard, force est de constater que le pays semble figé dans une éternelle campagne électorale, les gouvernants paraissant davantage investis dans la conquête de futurs bastions lors des prochaines échéances locales, législatives et présidentielles, que par le salut public.
Le quotidien du citoyen sénégalais demeure inchangé, englué dans une précarité endémique où l'expression « tirer le diable par la queue » a perdu de son sens tant la misère est palpable. Le secteur privé agonise, les faillites d’entreprises se multiplient, et les aspirations à une amélioration du niveau de vie se sont muées en désillusion collective, pendant que le sommet de l’État s’adonne à une guerre d’usure et de positionnement.
Dans cette débâcle des fidélités, l'exode des cadres hors des rangs d’Ousmane Sonko ne saurait être confondu avec un élan de conscience ou de conviction doctrinale.
Il serait d'une singulière naïveté de prêter à ces transfuges des motivations supérieures : ce délaissement du parti des « patriotes » au profit des faveurs du pouvoir exécutif relève d'un opportunisme mercenaire et d’un carriérisme avéré.
Deux catégories d'acteurs se dessinent désormais : ceux qui, déjà pourvus de charges publiques, s’efforcent de préserver leurs privilèges, et ceux qui guettent avec obséquiosité la signature des décrets présidentiels. Pour autant, le poids électoral de ces dissidents demeure dérisoire.
Le verdict des urnes lors des scrutins à venir agira comme un révélateur implacable, dépouillant les ambitions de leurs artifices pour ne laisser place qu’à leur stricte légitimité populaire.
La démission retentissante du parti Pastef de Khouraichi Thiam, directeur général du Fonds d’Appui à l’Investissement des Sénégalais de l’Extérieur (Faise) illustre jusqu'à la caricature ce phénomène de sédition interne.
Après des semaines d'ostracisation et de vives tensions au sein du Mouvement national des cadres patriotes (Moncap) — marquées notamment par son exclusion arbitraire des cercles de communication numérique —, l’intéressé a officialisé son départ. Il justifie son ralliement au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, par la volonté de participer à l’édification d’un « Sénégal de progrès ».
Ce divorce consommé s’inscrit dans le sillage de l’éviction de Fatou Kiné Diakhaté et allonge la liste des cadres qui désertent le navire originel pour se fondre dans la mouvance présidentielle, sur fond de rivalité feutrée mais implacable entre le chef de l'État et la direction historique du parti.
Pourtant, ce spectacle de chaises musicales laisse un goût d'inachevé et d'amertume au sein de la population.
Portée au pouvoir par un élan populaire massif, la coalition « Diomaye Président » incarnait l’espoir d’un bouleversement systémique.
Deux ans plus tard, force est de constater que le pays semble figé dans une éternelle campagne électorale, les gouvernants paraissant davantage investis dans la conquête de futurs bastions lors des prochaines échéances locales, législatives et présidentielles, que par le salut public.
Le quotidien du citoyen sénégalais demeure inchangé, englué dans une précarité endémique où l'expression « tirer le diable par la queue » a perdu de son sens tant la misère est palpable. Le secteur privé agonise, les faillites d’entreprises se multiplient, et les aspirations à une amélioration du niveau de vie se sont muées en désillusion collective, pendant que le sommet de l’État s’adonne à une guerre d’usure et de positionnement.
Dans cette débâcle des fidélités, l'exode des cadres hors des rangs d’Ousmane Sonko ne saurait être confondu avec un élan de conscience ou de conviction doctrinale.
Il serait d'une singulière naïveté de prêter à ces transfuges des motivations supérieures : ce délaissement du parti des « patriotes » au profit des faveurs du pouvoir exécutif relève d'un opportunisme mercenaire et d’un carriérisme avéré.
Deux catégories d'acteurs se dessinent désormais : ceux qui, déjà pourvus de charges publiques, s’efforcent de préserver leurs privilèges, et ceux qui guettent avec obséquiosité la signature des décrets présidentiels. Pour autant, le poids électoral de ces dissidents demeure dérisoire.
Le verdict des urnes lors des scrutins à venir agira comme un révélateur implacable, dépouillant les ambitions de leurs artifices pour ne laisser place qu’à leur stricte légitimité populaire.


Guerre de positionnement au sommet, désillusion à la base : le grand écart du pouvoir Sénégalais

