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L'Assemblée générale de l'UMS : magistrats et État s'accordent sur les réformes

Rédigé par Dakarposte le Samedi 25 Juillet 2026 à 22:23 modifié le Dimanche 26 Juillet 2026 - 00:24

C’est dans le cadre feutré de la station balnéaire de Saly, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’Union des magistrats sénégalais (UMS), que s’est dessiné le nouveau visage de la justice sénégalaise. Sous l’intitulé évocateur « Les réformes judiciaires et la modernisation de la justice », ce rendez-vous crucial a pris les accents d'un pacte de refondation. Porteur de la parole gouvernementale, le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, y a décliné la vision du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye : l'avènement d'une justice tout à la fois indépendante, efficiente, moderne et d'un accès universel, pierre angulaire de l’État de droit et de la prospérité de la nation.
« Une justice forte demeure la condition d’un État fort », a martelé le Garde des Sceaux devant un aréopage de magistrats nationaux et d’éminents invités étrangers. Par ces mots, le ministre a pris la mesure de l’immense ferveur citoyenne et des attentes légitimes qui pèsent désormais sur l’institution.

Une métamorphose structurelle et technologique

Loin de se cantonner à un simple toilettage des codes et des lois, la trajectoire dessinée par la Chancellerie ambitionne de bouleverser l’architecture même de l’appareil judiciaire. L’organisation des tribunaux, la gouvernance de la magistrature, l'architecture des palais, la gestion des compétences humaines et la spécialisation des contentieux s'apprêtent à opérer une mue profonde.
Au cœur de cette révolution conceptuelle s'inscrit le New Deal Technologique. Le Sénégal s’engage ainsi dans la dématérialisation progressive des procédures, l’interconnexion numérique des juridictions et le déploiement d’écosystèmes virtuels hautement sécurisés. Toutefois, conscient des dérives d'une automatisation froide, Me Moussa Sarr a tenu à rassurer l'auditoire : « Notre ambition est de mettre la technologie au service du juge, et non de substituer la technologie au juge. »


L'effort budgétaire face aux réalités matérielles

Face au dénuement matériel et logistique qui entrave trop souvent l'œuvre des magistrats et des greffiers, le Gouvernement a promis de mobiliser ses ressources, en dépit d'une conjoncture budgétaire exigeante. L’effort public se concentrera sur la réhabilitation esthétique et sécuritaire des édifices, le renouvellement des équipements juridiques, ainsi que l’accroissement des effectifs.
Le renforcement du capital humain passera également par une offre de formation initiale et continue particulièrement pointue, armant le corps judiciaire face aux défis contemporains : cybercriminalité, délinquance financière, contentieux des investissements et de l’environnement. En outre, un grand inventaire national des structures existantes, mené de concert avec le ministère des Infrastructures, permettra de planifier avec rigueur les chantiers de rénovation et d'extension des palais de justice.


La vertu du dialogue et de la concorde

Rompant avec l'unilatéralisme, le Garde des Sceaux a érigé la concertation en méthode de gouvernement. Rappelant avoir ouvert ses portes au Bureau exécutif de l’UMS dès l'aube de son magistère, il a évoqué sa récente tournée des cours et tribunaux, entreprise pour appréhender au plus près les réalités du terrain.
Sur les dossiers sensibles qui cristallisent les tensions, à l'instar du litige foncier de Déni Biram Ndao, le ministre s'est voulu rassurant, annonçant une procédure de mainlevée initiée par l’État et promettant un dénouement d’ici la fin de l'année, malgré la complexité des occupations constatées. Quant aux disparités de traitement qui fragmentent le corps de la magistrature, elles feront l'objet de négociations approfondies dans un esprit d’équité et de respect mutuel.


L’UMS, sentinelle d'une magistrature digne

Prenant la parole, le président de l’UMS, Cheikh Bâ, a salué la noblesse de cette démarche et l'aménité du dialogue ainsi instauré. Dressant le bilan des premiers mois de son mandat, il a mis en lumière la redynamisation des comités de ressort, l'intensification des relations internationales et les initiatives entreprises pour rapprocher l'institution du justiciable.
Le magistrat n'en a pas moins rappelé les doléances légitimes d’une corporation en quête de dignité matérielle et de sécurité. Réaffirmant l'indépendance farouche de l’UMS dans la préservation des intérêts moraux et matériels de ses pairs, il a plaidé pour l'institutionnalisation d’un dialogue permanent. « Une Union qui rassemble avant de revendiquer, qui dialogue sans renoncer à ses convictions », a-t-il joliment résumé.
En guise de couronnement de ces assises, l’UMS a décerné une distinction honorifique à Me Moussa Sarr, saluant la rectitude de son itinéraire professionnel, son engagement pour l’État de droit et sa défense infatigable des libertés fondamentales. Alors que s'achèvent ces travaux, les résolutions adoptées par les magistrats s'apprêtent à nourrir les futures politiques publiques, avec la promesse de sculpter une justice sénégalaise rendue au nom du peuple, transparente, performante et résolument tournée vers l'avenir.

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