NEW YORK — Dans les couloirs feutrés de Manhattan, là où se tisse le destin de la diplomatie mondiale, l’effervescence des grands jours a fait place à une clarté nouvelle. Le « Town Hall » organisé le 23 juillet dernier au cœur du sanctuaire onusien, en précieux partenariat avec l’auguste maison Bloomberg, a agi comme un révélateur impitoyable pour les six prétendants à la succession d’António Guterres. Sous le pavillon de la réforme « UN80 », cet exercice de haute voltige oratoire a vu la candidature du Sénégalais Macky Sall lourdement hypothéquée par la ferveur unanime suscitée par une femme : Carolyn Rodrigues-Birkett.
L’actuelle représentante permanente du Guyana auprès des Nations unies, ancienne cheffe de la diplomatie de son pays, a littéralement ébloui l’assistance [1]. Du haut de ses 52 ans, elle incarne désormais la figure de proue de cette course, captant 46 % des suffrages d’opinion et dominant les débats de son éloquence, jugée la plus convaincante par près de la moitié des observateurs (49 %).
Derrière cette hégémonie, un peloton de figures féminines s'installe solidement : l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet recueille 14 % des faveurs, talonnée par Rebeca Grynspan (13 %), secrétaire générale de la CNUCED, et María Fernanda Espinosa (10 %), l'ancienne ministre équatorienne.
Pour Macky Sall, le réveil est d'une singulière amertume. Unique porte-étendard du continent africain — d'abord propulsé par le Burundi au nom de l'Union africaine avant d'arracher, au terme de laborieuses tractations, l'aval de sa propre patrie —, l’ancien chef de l’État sénégalais se voit relégué aux confins du classement. Avec un infime score de 9 %, il devance d'un souffle l'Argentin Rafael Grossi, directeur de l'AIEA, qui ferme la marche à 8 % . Pour la diplomatie de Dakar, qui espérait faire de cette candidature un levier de puissance, le camouflet est aussi rude que symbolique.
Il convient certes de tempérer la portée de ce scrutin populaire. Cette consultation, par essence informelle et non contraignante, ne saurait lier les mains du Conseil de sécurité, véritable démiurge de ce processus de sélection. Dans le secret de ses délibérations à venir, la haute instance s'adonnera à ses traditionnels votes indicatifs à bulletins secrets. Le vainqueur devra y recueillir l'assentiment d'au moins neuf membres, sans heurter le redoutable droit de veto des cinq puissances permanentes.
Pourtant, le signal envoyé au monde est d'une puissance rare. Alors que le mandat d’António Guterres s’éteindra le 31 décembre 2026, l’organisation s’avance, peut-être pour la première fois de son existence, vers une gouvernance au féminin. Si les secrets des chancelleries restent impénétrables, le vent du changement, lui, souffle indubitablement depuis les côtes du Guyana.
L’actuelle représentante permanente du Guyana auprès des Nations unies, ancienne cheffe de la diplomatie de son pays, a littéralement ébloui l’assistance [1]. Du haut de ses 52 ans, elle incarne désormais la figure de proue de cette course, captant 46 % des suffrages d’opinion et dominant les débats de son éloquence, jugée la plus convaincante par près de la moitié des observateurs (49 %).
Derrière cette hégémonie, un peloton de figures féminines s'installe solidement : l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet recueille 14 % des faveurs, talonnée par Rebeca Grynspan (13 %), secrétaire générale de la CNUCED, et María Fernanda Espinosa (10 %), l'ancienne ministre équatorienne.
Pour Macky Sall, le réveil est d'une singulière amertume. Unique porte-étendard du continent africain — d'abord propulsé par le Burundi au nom de l'Union africaine avant d'arracher, au terme de laborieuses tractations, l'aval de sa propre patrie —, l’ancien chef de l’État sénégalais se voit relégué aux confins du classement. Avec un infime score de 9 %, il devance d'un souffle l'Argentin Rafael Grossi, directeur de l'AIEA, qui ferme la marche à 8 % . Pour la diplomatie de Dakar, qui espérait faire de cette candidature un levier de puissance, le camouflet est aussi rude que symbolique.
Il convient certes de tempérer la portée de ce scrutin populaire. Cette consultation, par essence informelle et non contraignante, ne saurait lier les mains du Conseil de sécurité, véritable démiurge de ce processus de sélection. Dans le secret de ses délibérations à venir, la haute instance s'adonnera à ses traditionnels votes indicatifs à bulletins secrets. Le vainqueur devra y recueillir l'assentiment d'au moins neuf membres, sans heurter le redoutable droit de veto des cinq puissances permanentes.
Pourtant, le signal envoyé au monde est d'une puissance rare. Alors que le mandat d’António Guterres s’éteindra le 31 décembre 2026, l’organisation s’avance, peut-être pour la première fois de son existence, vers une gouvernance au féminin. Si les secrets des chancelleries restent impénétrables, le vent du changement, lui, souffle indubitablement depuis les côtes du Guyana.


ONU : Carolyn Rodrigues-Birkett distance Macky Sall dans la course au secrétariat général

