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Révision constitutionnelle au Sénégal : 143 personnalités pressent pour l’adoption du texte

Rédigé par Dakarposte le Lundi 29 Juin 2026 à 11:30 modifié le Lundi 29 Juin 2026 - 13:30

Un vent de fronde intellectuelle souffle sur le débat constitutionnel sénégalais. Alors que la proposition de loi n°17/2026, qui vise à réviser la Loi fondamentale, suscite de vives controverses et des appels au report, un collectif de 143 personnalités issues des milieux universitaire, culturel, médical et politique a publié un manifeste pour exiger son adoption immédiate par l’Assemblée nationale.

Ce groupe, où figurent des noms aussi éminents que l’écrivain Boubacar Boris Diop, le cinéaste Moussa Sène Absa, l’universitaire Seynabou Sougoufara ou encore Pierre Sané, ancien secrétaire général d’Amnesty International, entend briser ce qu’il perçoit comme une paralysie politique.

Dans un manifeste intitulé «Assemblée nationale, au nom de la démocratie, il est temps de décider», les signataires rejettent l’idée que le débat constitutionnel « devienne une stratégie permanente de l’ajournement » et interpellent directement les opposants au texte par une question restée sans réponse : « Nous posons une question simple : attendre quoi ? »

Pour le collectif, la réforme n’a rien d’une improvisation. Présentée comme l’aboutissement de près de vingt années de réflexion collective, elle intègre les conclusions des Assises nationales de 2009, de la Commission nationale de réforme des institutions, des Assises de la Justice de 2024 et du Dialogue national de 2025.

Sur le plan institutionnel, les signataires défendent un texte porteur de « garanties démocratiques majeures », notamment le renforcement des pouvoirs de contrôle de l’Assemblée nationale, la modernisation de la justice constitutionnelle par la création d’une Cour constitutionnelle et la reconnaissance explicite du rôle de l’opposition afin de protéger le pluralisme politique.

La proposition de loi prévoit également des incompatibilités strictes, comme l’interdiction pour le président de la République d’exercer une fonction dirigeante au sein d’un parti politique, et encadre les décisions publiques durant la période sensible comprise entre l’élection présidentielle et la proclamation des résultats.

Au-delà de l’architecture des pouvoirs, le manifeste insiste sur la dimension sociale de la réforme, qui introduit des droits-créances inédits, présentés comme une avancée historique. Il s’agit notamment du « droit de savoir lire et écrire », du « droit à l’inclusion numérique », du « droit à un environnement sain » ou encore de « l’accès universel aux communications électroniques ».

Cette mobilisation intervient dans un contexte politique tendu. La proposition de loi, déposée par le groupe parlementaire Pastef, a été adoptée en première lecture le 22 juin, puis par la Commission des lois le 25 juin, malgré des divergences avec le gouvernement. Le texte doit être examiné en séance plénière ce lundi 29 juin.

Par ailleurs, des voix, comme celle du mouvement Y’en a marre, s’élèvent pour exiger un référendum, estimant que la Constitution « appartient au peuple » et ne saurait être modifiée par la seule voie parlementaire, une position que rejettent fermement les 143 signataires.

Ces derniers invitent les parlementaires à « prendre leurs responsabilités devant l’histoire », à amender le texte si nécessaire, mais « à ne pas céder à la tentation de l’immobilisme ».

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