Quand Angela Merkel recevra, cette semaine à Strasbourg, le nouvel Ordre européen du mérite, la cérémonie ne se contentera pas de célébrer une ancienne chancelière allemande.
Elle portera aussi un jugement européen plus large sur une époque – et sur le type de leadership dont l'Union européenne estime avoir besoin à l'âge des incertitudes.
Le Parlement européen explique que la distinction récompense des personnalités qui ont apporté « d'importantes contributions à l'intégration européenne » et à la défense de « la démocratie et des valeurs ».
Merkel a été élevée à la plus haute catégorie, celle de « membre éminent », aux côtés de Volodymyr Zelenskyy et Lech Wałęsa – un trio symbolique qui relie résistance démocratique, unité européenne et endurance politique.
Ce choix en dit long sur la manière dont Bruxelles interprète aujourd'hui l'héritage de Merkel.
Au cours de ses seize années au pouvoir, Merkel a rarement parlé de l'Europe en termes idéologiques grandiloquents.
Elle a gouverné par la prudence, le compromis et la gestion de crise.
Les Allemands lui ont donné le surnom de « Mutti » (maman), qui suggère une confiance tranquille, sans éclats, mais aussi sans expérimentations.
Avec Merkel à la barre, les gens avaient le sentiment que la barque allemande ne serait pas secouée.
Pourtant, précisément parce que l'UE a traversé, sous sa responsabilité, une succession de chocs existentiels – crise de la dette dans la zone euro, annexion de la Crimée par la Russie, Brexit, premier mandat de Donald Trump, crise migratoire et pandémie de Covid-19 –, de nombreux dirigeants européens ont fini par la considérer comme la stabilisatrice indispensable du projet européen.
Un jugement que même des adversaires politiques jugent encore utile de souligner.
Merkel « a apporté une contribution essentielle à la gestion européenne des crises, y compris de la pandémie », estime Terry Reintke, coprésidente allemande du groupe des Verts au Parlement européen. « Ses successeurs auraient deux ou trois choses à apprendre de cette approche. »
Pour ses partisans, le plus grand accomplissement de Merkel a été de préserver la cohésion européenne aux moments où la fragmentation paraissait probable.
Lors de la crise de l'euro, elle a insisté pour maintenir la Grèce au sein de la zone euro malgré d'énormes pressions politiques en Allemagne.
Au moment du Brexit, elle a contribué à maintenir un front européen remarquablement uni face à Londres.
Face aux attaques de Trump contre l'Otan et l'UE, elle est devenue de plus en plus le point d'ancrage politique de facto de l'Europe libérale.
Sa célèbre déclaration de 2017 selon laquelle les Européens doivent « prendre notre destin en main » a saisi la prise de conscience naissante que la relation transatlantique ne pouvait plus être tenue pour acquise.
La distinction reflète aussi une appréciation très européenne du style de gouvernement de Merkel lui-même.
À une époque dominée par les populistes, les hommes forts et la polarisation idéologique, Merkel, titulaire d'un doctorat en physique, incarnait une démocratie technocratique : prudente, graduelle, fondée sur les faits et attachée aux institutions.
Les institutions européennes – en particulier le Parlement – voient là un élément constitutif de l'ADN politique de l'UE.
C'est pourquoi son compatriote démocrate-chrétien Manfred Weber, président du Parti populaire européen (PPE), l'a qualifiée de « grande Européenne ».
Rendre hommage à Merkel revient donc aussi à défendre la politique du consensus, à un moment où ce modèle est mis à rude épreuve sur l'ensemble du continent.
Mais cette distinction va inévitablement relancer des débats virulents sur le versant plus sombre du bilan de Merkel.
Ses détracteurs estiment que son approche a souvent permis de stabiliser les crises sans en résoudre les causes profondes – une méthode guidée par la recherche de consensus (elle a toujours dirigé des gouvernements de coalition) qui la faisait ressembler à un comité de conciliation ambulant, ses propres convictions apparaissant souvent floues.
« Angela Merkel est une contradiction fascinante : d'un côté, une femme d'État impressionnante, d'une rare stature ; de l'autre, un piètre héritage pour l'Europe », juge la députée européenne socialiste française Chloé Ridel.
« Rien n'a été fait pour construire l'avenir et la souveraineté de l'Union européenne. Nous en payons aujourd'hui le prix fort », ajoute-t-elle.
L'insistance de Merkel sur l'austérité budgétaire pendant la crise de l'euro a laissé un profond ressentiment dans l'Europe du Sud.
Lors d'une réunion de son parti en mai 2011, Merkel a pris la Grèce, l'Espagne et le Portugal comme exemples de pays qui devaient relever l'âge de départ à la retraite et prendre moins de jours de congés pour rétablir l'équilibre économique.
Ces propos ont suscité une vaste levée de boucliers, les Grecs, déjà durement touchés par des mesures d'austérité strictes, exprimant massivement leur frustration face à l'invocation du cliché du « Sud européen paresseux ».
Sa décision, en 2015, d'ouvrir les frontières de l'Allemagne à des centaines de milliers de réfugiés, en particulier de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan, est peut-être devenue la question la plus polarisante des années suivantes.
D'un côté, ses soutiens ont vu dans la décision de Merkel (« Wir schaffen das » / « Nous allons y arriver ») un geste humanitaire d'un leadership exceptionnel, en phase avec la foi chrétienne.
De l'autre, ses critiques ont accusé Merkel d'avoir, de facto, encouragé de vastes flux migratoires vers l'Europe puis tenté, ensuite, d'en répartir la responsabilité à travers l'UE.
Le différend a empoisonné les relations au sein de l'UE pendant des années, avivé les divisions Est-Ouest sur la souveraineté et la migration et renforcé les mouvements d'extrême droite dans toute l'Europe.
Même le chancelier Friedrich Merz, lui aussi démocrate-chrétien, a pris ses distances avec la politique de Merkel. « À bien des égards, l'Allemagne n'y est pas parvenue », a-t-il déclaré lors du dixième anniversaire de la décision d'ouvrir la frontière aux réfugiés.
Plus encore, la longue quête de Merkel d'une interdépendance économique avec la Russie et la Chine apparaît aujourd'hui très controversée.
La dépendance de l'Allemagne au gaz russe – symbolisée par les gazoducs Nord Stream soutenus par Gazprom – est largement considérée, rétrospectivement, comme une vulnérabilité stratégique qui a contribué à financer le Kremlin avant l'invasion de l'Ukraine.
Les critiques estiment que Merkel a sous-estimé les ambitions géopolitiques de Vladimir Poutine et privilégié la stabilité économique au détriment de la résilience stratégique – comme beaucoup de dirigeants allemands avant elle.
Sa proximité apparente avec la Chine et la forte dépendance à l'égard du modèle allemand fondé sur les exportations sont considérées par certains comme des erreurs historiques.
« Nous ne pouvons pas ne pas penser à des décisions qui, à moyen et long terme, se sont révélées préjudiciables à l'économie européenne : délocalisations, dépendance excessive vis-à-vis de la Chine, ainsi que l'énorme excédent commercial allemand accumulé sous ses gouvernements, qui a contribué à tendre les relations transatlantiques avec les États-Unis », estime Paolo Borchia, membre du groupe d'extrême droite Patriots for Europe au Parlement européen, où il dirige la délégation de la Ligue italienne.
L'actuelle poussée européenne en faveur de « l'autonomie stratégique » est, à bien des égards, une réaction aux postulats qui se sont imposés à l'ère Merkel.
Cette contradiction explique pourquoi Merkel demeure une figure éminemment européenne.
Elle est admirée non pas parce que les Européens pensent qu'elle a toujours eu raison, mais parce qu'elle est devenue l'incarnation de la tension centrale de l'UE : la tentative de concilier paix, prospérité, démocratie et interdépendance dans un monde de plus en plus hostile.
Même certains de ses plus virulents détracteurs, comme l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis et l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, reconnaissent que l'Europe est sortie de son mandat plus unie sur le plan institutionnel que beaucoup ne l'avaient imaginé.
Le calendrier de la remise de cette distinction est lui aussi riche de sens sur le plan politique.
L'Europe est aujourd'hui confrontée à une nouvelle phase d'incertitude : guerre de la Russie contre l'Ukraine, pression pour augmenter massivement les dépenses de défense, craintes d'une deuxième présidence Trump tout aussi perturbatrice et intensification de la rivalité avec la Chine.
En honorant Merkel aujourd'hui, le Parlement européen affiche sa fidélité à une tradition politique fondée sur le multilatéralisme, les institutions démocratiques et l'intégration européenne, alors même que le continent se tourne vers une posture plus géopolitique et axée sur la sécurité.
En ce sens, la cérémonie de Strasbourg dépasse largement la personne de Merkel.
Elle traduit la volonté de l'Europe de définir quel type de leadership mérite d'être salué au XXIe siècle.
L'UE canonise, en quelque sorte, une dirigeante associée non pas au charisme ou au changement révolutionnaire, mais à l'endurance, à la retenue et à la préservation du centre de gravité européen.
La manière dont l'histoire jugera, en définitive, Merkel – comme la femme qui a sauvé l'Europe par la gestion des crises ou comme la dirigeante qui a repoussé l'heure de vérité géopolitique pour le continent – reste ouverte.
L'Ordre européen du mérite suggère que, pour l'heure, Bruxelles estime que sa contribution au maintien de l'unité européenne l'emporte sur les erreurs apparues ensuite au grand jour.
Elle portera aussi un jugement européen plus large sur une époque – et sur le type de leadership dont l'Union européenne estime avoir besoin à l'âge des incertitudes.
Le Parlement européen explique que la distinction récompense des personnalités qui ont apporté « d'importantes contributions à l'intégration européenne » et à la défense de « la démocratie et des valeurs ».
Merkel a été élevée à la plus haute catégorie, celle de « membre éminent », aux côtés de Volodymyr Zelenskyy et Lech Wałęsa – un trio symbolique qui relie résistance démocratique, unité européenne et endurance politique.
Ce choix en dit long sur la manière dont Bruxelles interprète aujourd'hui l'héritage de Merkel.
Au cours de ses seize années au pouvoir, Merkel a rarement parlé de l'Europe en termes idéologiques grandiloquents.
Elle a gouverné par la prudence, le compromis et la gestion de crise.
Les Allemands lui ont donné le surnom de « Mutti » (maman), qui suggère une confiance tranquille, sans éclats, mais aussi sans expérimentations.
Avec Merkel à la barre, les gens avaient le sentiment que la barque allemande ne serait pas secouée.
Pourtant, précisément parce que l'UE a traversé, sous sa responsabilité, une succession de chocs existentiels – crise de la dette dans la zone euro, annexion de la Crimée par la Russie, Brexit, premier mandat de Donald Trump, crise migratoire et pandémie de Covid-19 –, de nombreux dirigeants européens ont fini par la considérer comme la stabilisatrice indispensable du projet européen.
Un jugement que même des adversaires politiques jugent encore utile de souligner.
Merkel « a apporté une contribution essentielle à la gestion européenne des crises, y compris de la pandémie », estime Terry Reintke, coprésidente allemande du groupe des Verts au Parlement européen. « Ses successeurs auraient deux ou trois choses à apprendre de cette approche. »
Pour ses partisans, le plus grand accomplissement de Merkel a été de préserver la cohésion européenne aux moments où la fragmentation paraissait probable.
Lors de la crise de l'euro, elle a insisté pour maintenir la Grèce au sein de la zone euro malgré d'énormes pressions politiques en Allemagne.
Au moment du Brexit, elle a contribué à maintenir un front européen remarquablement uni face à Londres.
Face aux attaques de Trump contre l'Otan et l'UE, elle est devenue de plus en plus le point d'ancrage politique de facto de l'Europe libérale.
Sa célèbre déclaration de 2017 selon laquelle les Européens doivent « prendre notre destin en main » a saisi la prise de conscience naissante que la relation transatlantique ne pouvait plus être tenue pour acquise.
La distinction reflète aussi une appréciation très européenne du style de gouvernement de Merkel lui-même.
À une époque dominée par les populistes, les hommes forts et la polarisation idéologique, Merkel, titulaire d'un doctorat en physique, incarnait une démocratie technocratique : prudente, graduelle, fondée sur les faits et attachée aux institutions.
Les institutions européennes – en particulier le Parlement – voient là un élément constitutif de l'ADN politique de l'UE.
C'est pourquoi son compatriote démocrate-chrétien Manfred Weber, président du Parti populaire européen (PPE), l'a qualifiée de « grande Européenne ».
Rendre hommage à Merkel revient donc aussi à défendre la politique du consensus, à un moment où ce modèle est mis à rude épreuve sur l'ensemble du continent.
Mais cette distinction va inévitablement relancer des débats virulents sur le versant plus sombre du bilan de Merkel.
Ses détracteurs estiment que son approche a souvent permis de stabiliser les crises sans en résoudre les causes profondes – une méthode guidée par la recherche de consensus (elle a toujours dirigé des gouvernements de coalition) qui la faisait ressembler à un comité de conciliation ambulant, ses propres convictions apparaissant souvent floues.
« Angela Merkel est une contradiction fascinante : d'un côté, une femme d'État impressionnante, d'une rare stature ; de l'autre, un piètre héritage pour l'Europe », juge la députée européenne socialiste française Chloé Ridel.
« Rien n'a été fait pour construire l'avenir et la souveraineté de l'Union européenne. Nous en payons aujourd'hui le prix fort », ajoute-t-elle.
L'insistance de Merkel sur l'austérité budgétaire pendant la crise de l'euro a laissé un profond ressentiment dans l'Europe du Sud.
Lors d'une réunion de son parti en mai 2011, Merkel a pris la Grèce, l'Espagne et le Portugal comme exemples de pays qui devaient relever l'âge de départ à la retraite et prendre moins de jours de congés pour rétablir l'équilibre économique.
Ces propos ont suscité une vaste levée de boucliers, les Grecs, déjà durement touchés par des mesures d'austérité strictes, exprimant massivement leur frustration face à l'invocation du cliché du « Sud européen paresseux ».
Sa décision, en 2015, d'ouvrir les frontières de l'Allemagne à des centaines de milliers de réfugiés, en particulier de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan, est peut-être devenue la question la plus polarisante des années suivantes.
D'un côté, ses soutiens ont vu dans la décision de Merkel (« Wir schaffen das » / « Nous allons y arriver ») un geste humanitaire d'un leadership exceptionnel, en phase avec la foi chrétienne.
De l'autre, ses critiques ont accusé Merkel d'avoir, de facto, encouragé de vastes flux migratoires vers l'Europe puis tenté, ensuite, d'en répartir la responsabilité à travers l'UE.
Le différend a empoisonné les relations au sein de l'UE pendant des années, avivé les divisions Est-Ouest sur la souveraineté et la migration et renforcé les mouvements d'extrême droite dans toute l'Europe.
Même le chancelier Friedrich Merz, lui aussi démocrate-chrétien, a pris ses distances avec la politique de Merkel. « À bien des égards, l'Allemagne n'y est pas parvenue », a-t-il déclaré lors du dixième anniversaire de la décision d'ouvrir la frontière aux réfugiés.
Plus encore, la longue quête de Merkel d'une interdépendance économique avec la Russie et la Chine apparaît aujourd'hui très controversée.
La dépendance de l'Allemagne au gaz russe – symbolisée par les gazoducs Nord Stream soutenus par Gazprom – est largement considérée, rétrospectivement, comme une vulnérabilité stratégique qui a contribué à financer le Kremlin avant l'invasion de l'Ukraine.
Les critiques estiment que Merkel a sous-estimé les ambitions géopolitiques de Vladimir Poutine et privilégié la stabilité économique au détriment de la résilience stratégique – comme beaucoup de dirigeants allemands avant elle.
Sa proximité apparente avec la Chine et la forte dépendance à l'égard du modèle allemand fondé sur les exportations sont considérées par certains comme des erreurs historiques.
« Nous ne pouvons pas ne pas penser à des décisions qui, à moyen et long terme, se sont révélées préjudiciables à l'économie européenne : délocalisations, dépendance excessive vis-à-vis de la Chine, ainsi que l'énorme excédent commercial allemand accumulé sous ses gouvernements, qui a contribué à tendre les relations transatlantiques avec les États-Unis », estime Paolo Borchia, membre du groupe d'extrême droite Patriots for Europe au Parlement européen, où il dirige la délégation de la Ligue italienne.
L'actuelle poussée européenne en faveur de « l'autonomie stratégique » est, à bien des égards, une réaction aux postulats qui se sont imposés à l'ère Merkel.
Cette contradiction explique pourquoi Merkel demeure une figure éminemment européenne.
Elle est admirée non pas parce que les Européens pensent qu'elle a toujours eu raison, mais parce qu'elle est devenue l'incarnation de la tension centrale de l'UE : la tentative de concilier paix, prospérité, démocratie et interdépendance dans un monde de plus en plus hostile.
Même certains de ses plus virulents détracteurs, comme l'ancien ministre grec des Finances Yanis Varoufakis et l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, reconnaissent que l'Europe est sortie de son mandat plus unie sur le plan institutionnel que beaucoup ne l'avaient imaginé.
Le calendrier de la remise de cette distinction est lui aussi riche de sens sur le plan politique.
L'Europe est aujourd'hui confrontée à une nouvelle phase d'incertitude : guerre de la Russie contre l'Ukraine, pression pour augmenter massivement les dépenses de défense, craintes d'une deuxième présidence Trump tout aussi perturbatrice et intensification de la rivalité avec la Chine.
En honorant Merkel aujourd'hui, le Parlement européen affiche sa fidélité à une tradition politique fondée sur le multilatéralisme, les institutions démocratiques et l'intégration européenne, alors même que le continent se tourne vers une posture plus géopolitique et axée sur la sécurité.
En ce sens, la cérémonie de Strasbourg dépasse largement la personne de Merkel.
Elle traduit la volonté de l'Europe de définir quel type de leadership mérite d'être salué au XXIe siècle.
L'UE canonise, en quelque sorte, une dirigeante associée non pas au charisme ou au changement révolutionnaire, mais à l'endurance, à la retenue et à la préservation du centre de gravité européen.
La manière dont l'histoire jugera, en définitive, Merkel – comme la femme qui a sauvé l'Europe par la gestion des crises ou comme la dirigeante qui a repoussé l'heure de vérité géopolitique pour le continent – reste ouverte.
L'Ordre européen du mérite suggère que, pour l'heure, Bruxelles estime que sa contribution au maintien de l'unité européenne l'emporte sur les erreurs apparues ensuite au grand jour.


L’UE salue Merkel, pilier face aux turbulences de l’ère Trump
